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 Contexte Général

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Cortez Keenan McClain
Admin ♠ propriétaire de st-Martyr


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Date d'inscription : 09/08/2007

MessageSujet: Contexte Général   Ven 10 Aoû - 5:17

10 Août 1947

Les fenêtres affrontaient l'assaut de la pluie et du vent depuis de nombreuses heures déjà. Le déluge était tel, le tonnerre si fort que personne dans le bâtiment n'osait fermer l'œil. Sans arrêt quel qu'il soit, le ciel était illuminé par les éclairs. Des jeunes pleuraient, des adolescents criaient dans l'espoir que l'on vienne les serrer dans des bras réconfortants, bras qui ne venaient jamais. La seule étreinte qui leur était accessible était celle des sangles solides de leurs lits, sangles qui les retenaient en place, les empêchaient cruellement de seulement regarder vers le lit voisin. Les fous criaient, et les lucides pleuraient ces cris de désespoir. C'était une nuit typique dans la maison de fous st-Martyr. Une nuit où tous les employés de la place se couvraient les oreilles de leur oreiller, ignorant les plaintes de leurs protégés.

L'internat st-Martyr avait jadis cet aspect lugubre et glauque que l'on confère aux endroits dit hantés. L'homme ayant ouvert cette institution à l'époque s'appelait Lenny McClain, scientifique expérimental s'étant autoproclamé psychiatre de renom. Ses discours étaient si éloquents qu'il ne tarda pas à convaincre tout le monde de son talent dans le domaine médical. C'est ainsi que de nombreuses familles lui confièrent le soin de leurs enfants, enfants souvent débiles, retardés et/ou dangereux.
Ce qui se passait à l'intérieur de ces murs était bien sûr inconnu du public. Qui serait allé se vanter d'attacher des enfants ? De les punir selon leur péché ? Bien entendu, à l'époque, sans doute cela aurait-il été supporté par l'Église catholique, mais mieux valait ne pas prendre de chances. Ce bon docteur McClain gardait le secret sur ses traitements pour lui et ses employés. Isolement, châtiment physique, jeûne forcé… Il n'y avait rien que ces pauvres attardés – qu'il appelait ses protégés – n'aient subis.

Minuit sonnait et l'orage commençait à se calmer. Le tonnerre grondait déjà au loin quand un vacarme ahurissant retentit. L'on crut à la foudre sur le moment. Ce n'est que le lendemain matin que les employés découvrirent la source du raffut nocturne. Dans la chambre privée du docteur McClain, deux corps gisaient ; le sien, et celui d'un résident. Le jeune garçon, échappé on n'apprit jamais comment de sa chambre, était allé trouver directement le directeur pour l'étrangler. Il y avait de nombreuses traces de luttes dans le bureau, beaucoup de sang. L'adolescent avait été, dit on, rendu fou par l'orage et s'en était pris au propriétaire des lieux, responsable de son malheur, de son emprisonnement.

L'incident fut masqué, la chambre condamnée. De nombreuses familles retiraient leurs enfants des murs de l'internat. C'est un an plus tard, que Nicholas McClain obtint l'héritage que son père lui laissait. Il venait tout juste d'avoir dix-huit, l'âge qu'il lui fallait pour entrer en possession de l'établissement. Toutefois, à son arrivée, il constatait quelque chose de fort fâcheux. De tous les pensionnaires, il n'en restait qu'une trentaine, ce qui était fort peu, et pas suffisant pour permettre d'entretenir la place, ni de vivre. Nicholas réfléchit longtemps, et finit par user de stratégie.

1995

Nicholas en avait presque finit de son ouvrage et il pouvait admirer son travail durement accompli. L'œuvre de son père, la sienne, s'ouvrait maintenant à beaucoup plus de possibilités. De simple maison de fous, l'internat st-Martyr devint une école privée, réservée aux plus riches d'entre tous. Une belle et grande école secondaire, accueillant des centaines d'élèves dans les tout nouveaux bâtiments. Mais il conservait aussi sa fonction première.

Il s'y trouvait une aile isolée des autres, interdite d'accès aux élèves. L'aile avait l'air inhabité, pourtant, l'on y voyait souvent des gens circuler. Plusieurs employés de l'école traversaient souvent le terrain pour s'y rendre et souvent, des visages s'encadraient dans les fenêtres craquelées et munies de barreaux, des visages tristes, fatigués et à la mine bien basse.

C'était dans ce bâtiment que continuait d'œuvrer charitablement le maintenant beaucoup plus âgé Nicholas McClain. Il continuait de recueillir les jeunes ayant besoin de soins. Aux jeunes handicapés de son père il ajoutait maintenant de la racaille, de criminels et des enfants de la drogue. Clientèle à problème isolée des gens normaux, soignée à coups de médicaments et d'isolation. Mais pas assez isolés pour éviter de semer son mal.

Nicholas McClain rendit l'âme durant une nuit d'été. Il était mort dans son sommeil. Ce fut ce que l'on affirma. Mais personne ne parla aux autorités de cette bouteille de somnifères à côté de son lit. La chambre fut à nouveau condamnée, maintenant porteuse de trois morts.

De nos jours

Il y a quelques années de cela, j'ai hérité de cet endroit pourri où j'avais passé toute mon enfance et adolescence. Ancien pensionnaire, je suis maintenant propriétaire de cet endroit que j'ai toujours détesté. Depuis ce que je me plais à appeler mon règne sur st-Martyr, de nombreux changements se sont opérés. L'aile sécurisée n'est plus. Enfin, elle est toujours là, se tenant debout sur le terrain. Elle forme une ombre à ce beau tableau que j'ai remodelé, mais je n'ai pas pu la faire jeter à terre. C'est tout de même l'œuvre de mon père et mon grand-père. L'asile reste là, tombant lentement en ruine avec ses vieux secrets.

J'ai fait de l'internat un pensionnat agréable pour les étudiants. Je l'ai totalement rénové, rafraîchi. En quelques années seulement, l'école a grimpé dans la popularité des parents. Tout le monde semblait oublier ces vieilles histoires, les rumeurs qui avaient jadis couru autour de notre famille. Plus de morts tragiques, plus rien. Mais n'allez pas croire que j'ai abandonné les anciens patients de mon père. Non, je continue même d'en accueillir entre mes murs. Délinquants, désadaptés, drogués… Tout pousse entre nos murs, mais notre personnel compétant les encadre. Je ne les isole pas comme l'ont fait mes ancêtres. Les plus âgés ont été relâchés dans leur famille respective, les adolescents sont restés avec moi. Je les mêle aux gens normaux, pour qu'ils aient la chance de s'adapter à la société qui les entoure.

Je ne peux m'empêcher d'être fier de ce que j'ai accompli. Je suis proche des jeunes que je tiens sous mon aile, je les aime comme s'il s'agissait de mes propres enfants. Je les protège de tout ce qui pourrait leur nuire, du moins je fais de mon mieux. Mais il y a toujours certains phénomènes qui me font douter de ma capacité à les aider, des phénomènes que j'essaie de couvrir du mieux que je le peux.
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