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 Dans un coin isolé ... [PV Cortez Keenan McClain][TERMINER]

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Michael Masterson



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MessageSujet: Dans un coin isolé ... [PV Cortez Keenan McClain][TERMINER]   Sam 7 Juin - 8:56

Honnêtement, je n’avais pas envi d’aller en cours. J’avais donc décidé de sécher et de m’isoler quelque part pour être tranquille. J’avais donc opté pour la bibliothèque après tout, c’est un endroit où le silence est de rigueur pour pouvoir se concentrer et travailler tranquillement. Je m’assois à une table libre et dans un coin à l’écart des autres. Je sors mon cahier de croquis, je ne veux pas aller en cours, je n’ai pas envi de me mêler à tous ces gens que je ne connais pas et que je ne veux pas apprendre à connaître. Ce n’est pas moi qui ai décidé de venir ici, ce sont mes parents qui l’ont décidé pour moi. Ils m’ont séparés de mon grand frère et maintenant je me retrouve tout seul. Je suis dans cet endroit qui me semble une prison et la seule chose qui me m’aide à me tenir debout c’est cette correspondance avec mon frère. J’attends chacune de ses lettres avec impatience et je les conserve précieusement.

Je suis donc seul à cette table et je n’attends rien ni personne, j’ai seulement envi de ne rien faire. Je porte mon uniforme même si je n’avais aucune intention d’aller en cours, je n’ai pas noué ma cravate, je ne suis pas non plus impeccablement habillé, j’ai seulement mis mon uniforme comme si je mettais un jean et un pull. Je ne vois pas pourquoi je serai impeccable alors que ce n’était même pas mon choix de venir ici. Je suis loin de mon frère et je me sens seul. Tout ce qui me reste ce sont mes dessins et ses lettres qui j’attends tous les jours comme si ma vie en dépendait. J’ai peur de ne pas réussir à tenir comme ça mais dans un sens, je ne suis pas à plaindre, il y a sûrement des cas pire que le mien dans cette école. Je ne cherche pas non plus à me rapprocher des autres, j’ai mon petit monde, ils ont le leur, chacun reste dans le sien.

Je sors un stylo à présent, un crayon noir comme d’habitude, je ne dessine qu’en noir. Je feuillette mon cahier qui est rempli de dessin de mon grand frère. Je n’ai pas envi de dessiner quoi que ce soit d’autre. Je débouche mon crayon et je laisse glisser la pointe du crayon sur le papier. Les traits se rejoignent puis se séparent à nouveau, le dessin prend ses formes. Son visage se dessine, ce sourire que j’adore, ces yeux qui ne ressemblent pas aux miens. Même si nous sommes frères nous ne nous ressemblons pas tellement, je n’ai pas le même père que lui et je ne l’ai d’ailleurs jamais connu. Ce dessin est plutôt réussi, mais tous les dessins qui ont pour modèle mon frère, sont réussis. Je tourne la page et je dessine autre chose pour une fois. C’est rare et ces dessins je les lui envoie. Il aime bien mes dessins et m’a fait promettre de lui en envoyer dans chacune de mes lettres. Je ne fais donc que ça.

Même pendant les cours et sur mes cahiers, je ne fais que dessiner. Je ne dessine pas mon frère, je ne veux pas que quelqu’un voit son visage. Même les photos que j’ai de lui, je les garde cacher pour ne pas que quelqu’un tombe dessus. C’est assez stupide peut-être mais je n’ai besoin de rien d’autre à par sa personne lui-même pour être heureux. Dans cette école, je suis comme en prison, mes parents qui ne voulaient pas s’occuper de moi au départ de mon frère, m’ont expédiés ici alors je n’ai pas eu trop le choix, je ne suis pas majeur, je ne sais pas trop m’occuper de moi. Quand je sens que ça ne va pas et que je vais craquer, je prends un couteau et je m’entaille les veines. J’en ai tellement pris l’habitude que je ne ressens même plus la douleur, j’ai même fait quelques dessins avec mon propre sang. Ils sont rangés dans un classeur qui lui aussi cacher. Après tout, si quelqu’un les voyaient, je finirai sûrement dans un hôpital et je ne serrai plus en mesure de revoir mon frère et ça me tuerait probablement.

Je repose mon cahier un instant pour sortir une bouteille d’eau. J’en bois une gorgée et je pose la bouteille sur la table, je change de position dans ce fauteuil. Je suis assis en tailleur puis je reprends mon cahier. Je finis le dessin pour mon frère, je veux qu’il soit parfait pour qu’il puisse le conserver longtemps. Il en a encadré certain à ce qu’il a dit. Peut-être qu’un jour, je lui peindrait quelque chose mais je ne suis pas assez habille avec la peinture pour le moment. Je m’entraînerai. Je n’ai que ça à faire ici, les cours ne m’intéressent pas vu que je passe mon temps à dessiner, à sécher ou à faire autre chose. J’ai pensé à me sauver pendant les week-end quand on peut sortir mais je ne peux pas, c’est la condition, si je reste ici, je serai autorisé à revoir mon frère, si j’essaie de m’enfuir, je ne le reverrai plus. C’est plus un chantage mais c’est le prix à payer pour être avec mon frère. Je soupire, j’aurai aimé partir avec mon frère mais je ne veux pas le gêner dans ces études, même s’il a dit que cela ne l’aurait pas dérangé, je n’ai pas eu le choix. Je reprends la bouteille et je bois une gorgée en regardant mon dessin.


Dernière édition par Michael Masterson le Ven 18 Juil - 9:30, édité 1 fois
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Cortez Keenan McClain
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MessageSujet: Re: Dans un coin isolé ... [PV Cortez Keenan McClain][TERMINER]   Mer 11 Juin - 10:11

Pendant très longtemps j'ai cultivé mon ambition. Je ne voulais pas devenir directeur de ce maudit pensionnat, et je croyais sincèrement que je parviendrais à m'en tirer. Mon père ne m'avait pas adressé la parole depuis longtemps, j'allais à l'école, je complétais des études en en histoire de l'art quand j'ai reçu la missive m'annonçant le décès de mon père. Je me suis dit, je l'admets, que c'était génial, que je n'entendrais plus jamais parler de ces fantômes de mon passé, de ces histoires maudites par rapport à cette école de malheur qui m'avait enlevé sans pitié ma jeunesse et mon innocence d'enfant. Quand j'y repense, je tremble. J'avais treize ans quand j'ai tenté de m'enlever la vie pour la première fois. Certes, c'est autre chose que j'essayais de tuer, je ne pensais pas à me suicider, je pensais à détruire la chose tapie à l'intérieur de mon être, qui donnait tant de douleur à mon petit corps d'enfant. C'est suite à ces évènements que j'ai été attaché dans ce maudit lit, pour gaspiller quatre années de ma vie. C'est dans ce lit que Lucie a violé cet enfant que j'étais. C'est du ventre de cette femme mauvaise qu'est né Lance. Je soupire. Oui. J'étais réellement content quand j'ai appris le décès de mon père. Seulement ça n'a pas duré.

Quelques semaines ont passé et, après l'enterrement, alors que je croyais avoir la paix, j'ai reçu une convocation du notaire. Celui-ci devait m'apprendre le contenu de mon héritage, et le devoir que j'avais de l'accepter. J'ai refusé, plusieurs fois. J'ai fui à l'autre bout du pays afin de ne plus entendre parler de ce notaire insistant. Mais les lettres n'en finissaient pas de me parvenir. La dernière a fait remonter un élan de culpabilité en moi. Pensez à tous ces jeunes qui n'ont nulle part où aller, nulle par où être accepté ! Il faut qu'ils aient quelqu'un pour veiller sur eux, et je suis sûr que vous avez à cœur leur bien-être, monsieur McClain. Bien sûr, que j'avais à cœur leur bien-être. J'étais moi-même l'un d'eux. J'ai fait ce que j'ai pu pour les préserver du malheur. J'ai fait fermer cette aile maudite où j'avais vécu toutes ces horreurs, l'ai condamnée sans un seul regard de regret. Mon seul regret était de ne pas pouvoir la faire démolir, craignant que les esprits, confinés dans cette chambre, ne s'en échappe et ne m'atteignent, partout dans le monde.

De la bibliothèque où je me trouve, par la fenêtre, on peut voir cette aile, ces fenêtres parfois intactes, parfois éclatées. Je ferme les yeux, essaie de me reprendre. Il me suffit toujours de regarder cette fenêtre pour que je me mette à craindre d'y voir des yeux, un regard malveillant qui se poserait sur moi. Je suis certain que mon père s'y trouve, maintenant. Je suis sûr que, la nuit, il me maudit, et se maudit de ne m'avoir pas cru. Mais je suis certain qu'eux tous me maudissent de les avoir enfermés là-dedans. Je constate que mes genoux tremblent, comme quand j'avais douze ans, quand on m'annonçait que c'était l'heure d'aller me coucher. J'aimais cette école, j'aimais le personnel. Seulement dans la journée toutefois. Le soir venu, dans cette chambre, je tremblais comme une feuille et essayais de prêter la sourde oreille aux voix de la nuit.

Je me détourne du spectacle désolant que me présente cette fenêtre, et je reste arrêté un moment, le regard en suspens dans le vide. Je suis persuadé que j'ai vu quelque chose passer à la fenêtre. Je ferme les yeux, secoue la tête. Ce n'est que mon imagination. Aussitôt que cette pensée me vient, je grommelle et me mets en marche pour regagner mon bureau. Je déteste cette phrase. Ce n'est que ton imagination mon petit Cortez. Cet enfant est fou, il hallucine, imagine des choses qui n'existent pas. Décidé, je m'éloigne de cette allée, ne jette aucun autre regard à la fenêtre.

Je traverse l'aire de travail et mon regard s'arrête à une table. Normalement, à cette heure, elles devraient toutes être libres. Pourtant, il y a un jeune homme assis à l'une d'elles. Normalement, je serais agacé. Mais me mettre en colère en ce moment serait au-dessus de mes forces. Je n'ai pas la chance d'être capable d'éprouver plusieurs émotions à la fois. Quand c'est le cas, je me sens bouleversé et je n'ai pas d'autre envie que d'aller m'étendre dans mon lit avec des aspirines. Je me contenterai, aujourd'hui, de demeurer nostalgique de l'enfance que je n'ai pas eue.

-Je croise beaucoup d'élèves qui sèchent les cours depuis que monsieur Anderson a été engagé pour les cours de sciences, je dis en m'asseyant devant le jeune homme, à qui je n'ai jamais eu l'occasion de parler par le passé. Peut-être y a-t-il un lien …

Je le regarde, souris doucement. Peut-être qu'il ne sait pas qui je suis. Beaucoup d'élèves savent que le directeur est jeune, mais certains, les plus récemment arrivés surtout, ne savent rien de l'école. D'un autre côté, on ne peut pas vraiment savoir si je suis jeune ou non. Mon visage est marqué par le temps, beaucoup plus il me semble pour quelqu'un d'à peine 32 ans.

-Est-ce que par hasard … vous deviez vous rendre à un cours avec lui ?
Cela ne m'étonnerait même pas. Je baisse la tête vers les papiers qui sont devant lui. Des dessins. Très beaux, ma foi. Beaucoup de talent dans ce jeune homme.

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MessageSujet: Re: Dans un coin isolé ... [PV Cortez Keenan McClain][TERMINER]   Sam 14 Juin - 6:05

Je n’avais pas remarqué qu’il y avait quelqu’un d’autre mis à part moi. Je ne pensais pas que quelqu’un d’autre sècherait les cours dans le même endroit que moi. Pour tout dire, je n’avais même pas remarqué que cette personne n’était pas un élève du tout. Je ne lui avais pas porté un seul regard, je ne pensais qu’à mes dessins, à mon grand frère dont l’absence me torturer. Qu’est-ce qu’il me racontait ? De qui parlait-il ? Je ne connaissais pas le nom de cet enseignant, je n’avais même jamais mis les pieds dans son cours encore alors je ne savais pas qui c’était. J’étais dans cette école mais je n’avais assisté qu’à quelques cours qui ne m’avait pas du tout intéressé. C’était pour ça que j’avais décidé de sécher aujourd’hui. Même si j’étais allé en cours cela n’aurait rien changé, je n’aurais fait que dessiner.

Pourquoi cet homme prenait-il place dans ce fauteuil en face du mien ? Je ne lui avais rien demandé, que me voulait-il donc ? Je levai un bref regard vers cet homme que je vis regarder mes dessins que je n’avais pas penser à ranger et qui était de ce fait éparpillé sur la table. Je m’empressai de les ranger, cela ne le regardait pas. Pourquoi les gens se permettaient-il tous de se mêler des affaires des autres ? Je ne savais pas, je ne me mêlais pas de leur affaire moi, alors pourquoi se mêlaient-ils des miennes ? Mais je devais bien avouer que c’était de ma faute. Je laisse comme ça mes affaires éparpiller sur la table alors tout le monde peut les voir. Quand j’eus fini des les ranger dans une pochette. Je posai mon regard sur cet homme sans savoir d’abord quoi lui répondre. Si je lui disais la vérité, j’allais avoir des problèmes mais qu’est-ce que j’en ai à faire d’avoir des problèmes. La vérité était donc ma seule option.


« - Je ne sais pas qui est ce monsieur Anderson, je ne l’ai jamais rencontré. Je sèche pratiquement tous mes cours ou alors quand j’y suis, je ne prête nullement l’oreille à ce qui se dit. Je ne peux donc pas répondre à votre question. »

Je sors alors mon emploi du temps, qui ne ressemble plus tellement à un emploi du temps, il est en boule et parsemé de dessin ou de tâches noires et rouges. Je ne me souviens pas de comment les tâches rouges sont arrivées là, peut-être quand je me suis coupé les veines la dernière fois ? Je ne me souviens pas et je ne cherche tellement à m’en rappeler. Je regarde ce reste d’emploi du temps, j’avais bien cours avec ce monsieur Anderson, je ne sais pas à quoi il ressemble et la curiosité ne fait pas partie de mon vocabulaire. Je replie en boule mon emploi du temps que je pose sur la table. Je reprend mon crayon et recommence à dessiner. Je ne sais pas trop quoi dessiner alors je le fais au feeling. Ça donnera bien quelque chose plus tard.

« - Selon mon emploi du temps, ce serait dans son cours que je devrais être. Et puis les cours de sciences ne m’intéressent pas des masses comme tout un tas d’autre chose d’ailleurs. »

Je n’ai aucune idée de qui est cet homme et je ne m’en soucis pas. Ça pourrait très bien être ce monsieur Anderson lui-même qui est à la recherche de ses élèves car à ce que j’ai compris, la majorité des élèves sèchent son cours. Il ne doit pas être très aimé et son cours encore moins. Il est payé pour ne rien faire si aucun de ses élèves ne se rend à son cours. Peut-être que c’est un surveillant et qu’il va me coller pour ne pas avoir mis le nez en cours. Ce n’est pas comme si je n’ai jamais eu d’heure de colle, je me moque de ce qui peut bien m’arriver. Ici ou ailleurs, je ne ferai que dessiner ou dormir. Ce sont les seules choses à part manger et boire qui m’intéressent un peu. Ici, il n’y a pas grand-chose à faire et puis le temps aujourd’hui n’était pas terrible sinon je serais allé dehors pour dessiner.

« - Et vous, qu’est-ce qui vous amène ici pendant les cours ? »

Je ne savais pas comment réagir face à cet homme que je ne connaissais même pas. Je n’avais pas envi de réagir du tout. Après tout, ce qu’il faisait ici ne regardait que lui. S’il était un élève, il séchait comme moi, s’il était surveillant, il faisait sa ronde, s’il était professeur, il cherchait ses élèves. Je ne pensais pas qu’il pouvait être quelqu’un d’autre après tout, les personnes chargeaient de l’administration restaient les trois quart du temps derrière leur bureau. Je ne dis donc plus rien, je ne savais pas quoi dire non plus. Et puis je n’avais pas envi de trop parler déjà que j’en avais trop dit. Je continuai donc de dessiner ce qui ne ressemblait à rien encore pour le moment.
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Cortez Keenan McClain
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MessageSujet: Re: Dans un coin isolé ... [PV Cortez Keenan McClain][TERMINER]   Lun 16 Juin - 9:35

Non, c'est plutôt clair que cet élève n'a aucune idée de qui je suis. Il ne doit pas être à st-Martyr depuis très longtemps. Je me surprends à sourire quand il me dit qu'il a séché pratiquement tous ses cours. Normalement je devrais lui dire que c'est mal, et l'envoyer directement dans son local, avec un beau petit discours sur la ponctualité et l'assiduité aux cours, seulement là, je n'ai pas la tête à cela. La colère ne fait pas partie de mon registre d'émotions de la journée, tenons-nous le pour dit. Je l'observe sans rien dire alors qu'il sort un papier froissé de son sac à dos. Ce papier est même plus que froissé, si même il peut y avoir plus brouillon que ce que j'ai présentement sous les yeux. Malheureusement, je ne peux plus poser le regard sur ses dessins car, visiblement, il n'a pas à cœur de les montrer. Je comprends fort bien. L'art est l'expression même de l'âme. Ce n'est pas pour rien que certains psychologues utilisent le dessin pour percer les pensées d'un patient. Je comprends parfaitement qu'il puisse vouloir garder ses pensées pour lui. Mais je ne peux pas nier non plus qu'il a énormément de talent. Je ramène les yeux vers son horaire, où de petites taches rouges attirent mon regard. Je connais ce genre de tache. J'ai vu bien suffisamment de sang dans ma vie pour le reconnaître étampé sur n'importe quelle matière. Je fronce les sourcils, mais ne laisse rien voir d'autre de mon inquiétude. Ce sans n'est pour moi qu'une bonne raison de ne pas trop ennuyer cet élève avec ses cours. Il rechiffonne la boulette de papier et la pose à nouveau sur la table entre lui et moi, puis reprends son dessin en me disant qu'il avait effectivement un cours avec ce cher Abner. Il n'y a pas grand-chose qui semble intéresser cet élève, mis à part le dessin. J'essaie de ne pas trop porter le regard vers ses gribouillis, pour ne pas l'ennuyer. Appuyant le menton dans ma main, je tourne donc la tête vers la bibliothécaire qui, à son bureau, est trop occupée pour nous regarder.

-Et vous, qu’est-ce qui vous amène ici pendant les cours ?

Cette fois je ne peux m'empêcher de rire tout doucement. Si je pouvais encore douter qu'il me connaisse, cette fois, plus aucun doute. Il doit me prendre pour un professeur, ou un surveillant. Quelque chose dans le genre. Je n'étais pas prédestiné à devenir directeur : ça m'est tombé dessus comme une chiasse d'oiseau qui tombe du ciel et je n'ai pas eu le choix de faire avec.

-Eh bien, je me suis perdu dans la contemplation d'une fenêtre et je n'ai pas vu le temps passer.

Et pourtant j'aurais beaucoup de choses à faire. Car contrairement à ce que beaucoup pensent, un directeur ne fait pas qu'arpenter les couloirs ou s'asseoir dans son bureau pour apposer sa signature sur quelques documents insignifiants. Je me charge de tout, ici. Commander la nourriture, commander l'équipement médical, régler les salaires… l'administration générale, c'est tout moi, et mes secrétaires, sur qui je me décharge de mes responsabilités quand j'ai la tête à autre chose, comme en ce moment. Je devais faire les rapports de la semaine … Voyez comme je m'y prends, à me perdre dans la "contemplation d'une fenêtre". Si on peut appeler ça de la contemplation : j'étais plutôt figé, pétrifié, craignant qu'à chaque clignement de paupière, quelque chose pourrait profiter de cette fraction de seconde de noir pour se glisser subrepticement dans mon champ de vision, dans l'encadrement de cette satanée fenêtre, qui me rappelle tous les souvenirs de mon enfance que je préfèrerais – et de loin – oublier, reléguer au plus loin de mon esprit.

Je m'étire, soupire un bon coup et m'accoude à nouveau sur la table. Mon regard retombe sur l'horaire en piteux état, sur les petites gouttelettes rouges qui le caractérisent si sombrement. Mais je ne désire pas aborder ce sujet avec lui. Pas maintenant. Je veux l'aider, comme je veux aider chacun de mes protégés, mais je ne veux pas le brusquer et me faire automatiquement fermer la porte au nez. Autant jouer le jeu du simple surveillant qui ne fait que passer par là pour faire semblant de surveiller un lieu désert. Presque désert.

-Comment tu t'appelles ? je demande en passant la main par-dessus la table, au cas où il voudrait la serrer. Moi c'est Keenan.

Ce n'est pas tout à fait faux. C'est mon second prénom, après tout. Seulement, à peu près tout le monde connaît au moins le nom du directeur, et je n'ai pas envie de couper le contact. Selon certains jeunes, rien de plus nul que de sympathiser avec le directeur. Je les comprends. Étant moi-même plus jeune, j'ai vécu cette période où les "vieux" et les figures d'autorité ne peuvent absolument pas compter comme des figures d'autorité.

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Michael Masterson



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MessageSujet: Re: Dans un coin isolé ... [PV Cortez Keenan McClain][TERMINER]   Mar 17 Juin - 8:55

Qu’est-ce qu’il me veut à la fin ? Je ne le connais pas et surtout je ne veux pas le connaître, il ne m’intéresse pas du tout. Il est comme les autres, j’en suis sur. Il va m’attirer des ennuis. Pourquoi il n’a pas passé son chemin, je ne suis quand même pas le seul élève à sécher les cours. Et c’est quoi cette excuse ? Perdu dans la contemplation d’une fenêtre, j’ai du mal à y croire, il doit sûrement mentir. Après tout, les gens ne savent faire que ça, mentir encore et encore, c’est une seconde nature chez eux le mensonge. C’est comme pour moi, je me cache derrière le mensonge pour me protéger, c’est comme si j’avais un masque. Tout le monde a des secrets qu’il veut garder secret alors il se cache derrière une façade. Cet homme est sûrement comme tout le monde. Et puis qu’est-ce qu’il a à regarder ce bout de papier froissé. Ce n’est quand même pas la première fois qu’il voit un emploi du temps dans cet état.

« - La contemplation d’une fenêtre, hein… »

C’est sortit tout seul, je ne sais pas pourquoi. Ça m’arrive parfois de dire tout haut ce que je pense et ça n’attire que des problèmes. Au point où j’en suis que ce soit un professeur ou un surveillant, j’aurai des ennuis quoi qu’il arrive. Vraiment, j’aurai peut-être du naître muet, cela m’aurait plus aider et surtout apporter moins d’ennuis. Mais si je l’avais été, je n’aurais jamais pu parler avec mon grand frère alors je suis content de ne pas l’être. Mais les regards de cet homme m’intriguent ou plutôt me rendent nerveux. Il ressemble au père de mon frère qui me faisait tellement peur et qui m’a éloigné de la maison. Il a le même regard par moment, ça en est effrayant pourtant il ne lui ressemble en rien physiquement. Je dois me tromper ou alors ce sont mes cauchemars qui refont surface alors que je suis éveillé. Si c’est le cas, il faut que je fasse quelque chose mais je ne pense pas pouvoir sortir de cette bibliothèque aucun problème.

Pourquoi veut-il savoir mon nom ? Il devrait simplement consulter la liste de présence au cours. Non, maintenant que j’y pense, je ne suis certainement pas le seul à sécher mais je suis sûrement le seul à m’être fait prendre sur le fait. En plus je suis assez bête pour le dire tout haut même si je sais que les ennuis m’attendent. Peut-être que c’est ce que je recherche après tout, les ennuis et les problèmes, peut-être que j’en ai besoin pour me sentir vivant. Comme il n’est pas là, j’ai besoin d’attirer l’attention quelque fois. Pourtant, je préfère être seul et faire ce qu’il me plait de faire. Alors pourquoi je réagis comme ça ? Même si je lui mens, il finira par savoir qui je suis. Surveillant ou professeur, il a sûrement accès à pas mal de chose. Au point où j’en suis, je ne vois pas pourquoi je mentirai même si je suis comme tout le monde et que je ne fais que mentir quand ça m’arrange.


« - Michael Masterson. »

Qu’est-ce qu’il veut en me tendant cette main ? Je ne la lui serrerai pas, je ne le connais pas et je ne lui fais nullement confiance. Lui serrer la main, serait serrer la main du diable enfin de mon point de vu, il est au service du directeur de cet endroit alors il n’y aurait rien de bon à pactiser avec quelqu’un comme lui. Je préfère retourner à mon dessin. Même si je préfèrerai partir en courant. De toute façon j’aurai des problèmes alors autant les accepter vu que je les mérite mais je n’irai pas en cours vu que ça ne m’intéresse pas. Si jamais j’y vais, je ne ferai pas grand-chose de différents de ce que je fais en ce moment à la différence que si les professeurs s’en rendent comptent, mes dessins risquent de m’être confisquer ou pire jeter. Je ne veux pas que ça arrive, je préfère sécher et avoir des problèmes de toutes façons ça ne pourrait pas être pire de ce que j’ai déjà vécu.

« - Enchanté … »

Ça n’avait pas l’air vraiment convainquant mais il n’allait pas non plus se forcer ou mentir une fois de plus, depuis qu’il était ici, il n’avait pas dit seul mensonge peut-être parce qu’il voulait tenir la promesse qu’il avait faite à son frère. Il n’avait pas envi de trahir sa confiance et de risquer de ne pas pouvoir le revoir et vivre avec lui une fois qu’il aurait fini ses études et trouvait un travail. Il avait promis de s’occuper de moi et je lui fais confiance, je travaillerai aussi pour ne pas être un poids pour lui. Je veux juste être avec lui. Tiens je viens d’écrire ce que je pense en bas du dessin, c’est bizarre. Ça fait bizarre, ça ne m’arrive pas souvent. Seulement quand il me manque et que je pense beaucoup à lui. Je n’ai pas encore reçu sa lettre aujourd’hui. J’ai hâte. Ou alors est-ce qu’il y en aura deux demain ? Je ne sais pas mais j’ai simplement hâte de le lire de savoir comment il va.
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Cortez Keenan McClain
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MessageSujet: Re: Dans un coin isolé ... [PV Cortez Keenan McClain][TERMINER]   Mar 24 Juin - 11:08

[désolée pour ce post de merde ... ]

Si je lui demande son nom, ce n'est pas, au contraire de ce que certains élèves pourraient penser de cette situation, pour le rentrer dans ma mémoire et ensuite le coller pour n'être pas allé à ses cours. Non, je veux tout simplement discuter un peu avec lui, et pour discuter, c'est toujours mieux d'avoir un nom que d'en être réduit à appeler quelqu'un "hey" ou "chose". J'ai plusieurs raisons de désirer cette conversation : de un, cet élève me semble avoir quelque difficulté à se faire au pensionnat. De deux, je veux savoir dans le sang de qui a trainé cet horaire de cours maltraité, et de trois, j'ai tout simplement besoin de penser à autre chose qu'à cette fenêtre car, même s'il n'a pas semblé me croire que je m'y étais perdu en contemplation, c'était la vérité, la stricte vérité.

Le jeune homme s'appelle Michael. Un nom classique. J'ai déjà vu une classe où trois Michael se côtoyaient. Mais bien sûr, il ne fallait pas faire l'erreur de mélanger les façons d'écrire les noms, car sinon, les deux qui étaient confondus étaient furieux. À cette âge, on a le besoin de notre identité : on n'aime pas être confondu avec un autre. C'est probablement pour ça qu'ils portaient autant d'importance à l'orthographe de leurs prénoms. Après tout, leurs trois personnalités étaient on ne peut plus différentes, elles. En tout cas pour moi, une chose est sûre : dans la génération où je suis né, jamais je n'ai eu besoin de me battre pour mon prénom. Je me demande ce qui est passé par la tête de mon père pour qu'il ait eu envie de m'affuble d'un prénom espagnol.

L'adolescent refuse tout simplement d'approcher sa main de la mienne, tendue dans le vide pour rien. Je savais bien que cette politesse était des plus futiles avec un adolescent. Je ne suis pas né de la dernière pluie pourtant. J'étais moi-même adolescent il n'y a pas si longtemps que cela, encore. Sauf que je me prends à utiliser des expressions de vieux, tout à coup. Pas né de la dernière pluie ! Depuis quand j'utilise ce genre de termes ? Je soupire, ramène ma main vers moi. Je vais garder ma politesse née de l'avant guerre pour moi.

-Enchanté, dit-il.

Ça n'avait pas, mais alors là pas du tout, l'air sincère. Enchanté. C'est comme je t'aime, merci ou je m'excuse. C'est très facile de le dire, mais très facile de tout simplement s'en ficher et de penser à autre chose en le disant. Je fronce les sourcils, mais ne dis rien. J'observe encore le garçon avec attention alors que lui continue de vivre et de dessiner comme si je n'étais pas là. Il a l'air de croire que s'il m'ignore assez longtemps, je finirai par partir. Un peu comme les enfants qui se disent que "si je ne te voie pas tu ne me voies pas". C'est de la pensée magique à sa forme la plus pure. Je reste silencieux un moment. C'est un art, de donner vie à une conversation. C'est un art que je ne possède pas du tout, en plus.

Après un court instant, je me dis que finalement, j'Aurais peut-être intérêt à m'en aller, quitte à ne pas perdre l'ensemble de ma journée dans cette bibliothèque à essayer de communiquer avec un élève qui, visiblement, n'en a rien à faire que je sois là ou non. Je soupire, lève les yeux au plafond.

-Mon père travaillait dans cette école, il y a plusieurs années, je dis pour rompre ce maudit silence.

Je ne m'attends à aucune réflexion suite à celle-ci. C'est une phrase lancée en l'air comme on le ferait de "il fait beau aujourd'hui, non ?" C'est comme une introduction en fait. Sujet amené, sujet posé, sujet divisé. Sauf qu'ici, au contraire des dissertations que je faisais aux études, je ne me prendrai pas la tête avec le sujet divisé.

-Il m'a décrit comment c'était, à ce moment. Vous pouvez vous compter chanceux d'être dans le st-Martyr des années 2000. Avant, c'était moins propre, le personnel avait tendance à abuser de la discipline, et les enseignants étaient triés sur le tas, sans vraiment qu'on se donne la peine de les entrainer ou de les préparer à cet emploi.

En fait, c'est bien simple. Ma démarche vise simplement à le faire réagir. J'ai bien vu, dans ses yeux, dans l'ennui de sa voix quand il parle, qu'il ne se plait pas ici. En lui montrant à quel point St-Martyr est une belle école à mes yeux, il aura probablement envie de me détromper en me donnant tous les points faibles qui lui sautent aux yeux.

-Vous avez vraiment beaucoup de chance. Maintenant les gens sont compétant, et les élèves sont protégés dans un environnement sain et responsabilisant. Vous ne trouvez pas que c'est une chance qu'on vous ait envoyé ici ?

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MessageSujet: Re: Dans un coin isolé ... [PV Cortez Keenan McClain][TERMINER]   Jeu 26 Juin - 5:42

[Qu'est ce que tu dis, ce n'est pas un poste de merde]

Je l’écoutais parler encore et encore sans vraiment l’écouter plutôt. Qu’est-ce que j’en avais à faire que son père ait travaillé dans cette école ? Cela ne me concernait pas. Je n’avais aucune envi de le connaître ou de connaître ses ancêtres. Nous sommes de personnes différentes avec des vies et des visions des choses différentes. Ne comprend-t-il pas qu’il ne lui sert à rien de rester là à ma parler de sa vie ? C’est comme s’il parlait tout seul. Je continue à dessiner pour finir par ouvrir de grands yeux ébahis. Je serre mon crayon à papier jusqu’à ce qu’il me casse dans la main. Je n’en peux plus de l’entendre parler de chance. Chance par ci chance par là. Qu’est-ce que la chance ? Moi je ne connais pas.

« - Arrêter de parler de chance comme si vous pensiez tout savoir sur tout. Vous êtes peut-être chanceux ici enfin selon votre point de vue mais moi je ne le suis pas. Je n’ai pas demandé à venir ici. Mes parents m’ont envoyé ici pour se débarrasser de moi. Ils n’ont jamais voulu de moi alors dés qu’ils en ont eu l’occasion, ils ont expédié cet enfant qu’il ne voulait pas dans cet endroit perdu au milieu de nul part. »

Je le fixais dans les yeux, j’étais en colère et triste à la fois mais surtout en colère. Il ne voulait pas comprendre ou alors le faisait-il exprès de croire que tous les élèves ici étaient heureux ? Moi Je ne l’étais pas du tout, je ne voulais pas venir ici. Mes parents ne voulaient pas de moi, je n’étais pas un enfant voulu et comme ils n’avaient pas le courage de m’abandonner quand j’étais petit, ils m’ont envoyé ici quand ils on appris que ce genre d’école existait. Ce n’était pas mon choix de venir ici. Mais mon avis n’a jamais compté sauf pour mon frère. Alors je ne veux pas l’entendre parler de chance quand ce n’est même pas de ma propre volonté que je suis venu ici.

« - Pour eux, cette école était une occasion en or pour être tranquille et sans cet enfant indésiré. Ils ont ainsi pu se débarrasser du canard boiteux de la famille. Vous parlez d’une chance !»

Je me mis à rigoler. Peut-être est-ce trop dur à support pour mes nerfs. Chance, un bien grand mot dont le sens m’avait toujours échappé sauf quand j’étais avec mon frère c’était bien les seuls moments où je pouvais me qualifier de chanceux. Pour moi, cet endroit, c’était comme une prison. Interdiction de sortir, loin de mon frère. Il n’y avait pas d’autre mot pour désigner cet endroit. Je ne voulais pas venir ici mais on ne m’a pas demandé mon avis, je n’ai pas le droit de me plaindre. Je dois supporter jusqu’à ce que mon frère vienne me chercher. Je ne sais pas combien de temps ça prendre mais je sais que je vais devoir rester ici un long moment. Les seuls moments de liberté ou de chance, ce sont les lettres que mon frère m’envoie.

Mon frère, je fixe la fenêtre sans me rendre compte que mon regard s’est adouci. Qu’est-ce qu’il me manque, qu’est-ce qu’il peut bien faire en ce moment ? Est-ce qu’il pense à moi comme je pense à lui ? Est-ce que je lui manque comme il me manque ? M’a-t-il déjà oublié ? Non, je ne dois pas penser ça ! Il m’a promis de venir me chercher, de ne jamais m’abandonner, il est la seule personne à qui je peux faire confiance. Je n’ai besoin que de lui, il ne me trahira jamais, je lui fais confiance. Si jamais il venait à me trahir un jour, je n’aurai plus aucune raison de vivre. Je ne fais que survivre quand il n’est pas là. Je regardais de nouveau cet homme, je posai mon crayon cassé sur la table et en prit un autre dans ma trousse où il n’y avait que des crayons à papier ou de couleur.


« - Dites moi donc monsieur, où est la chance quand on est forcé de se séparer de la seule personne qui ne vous ait jamais fait vous sentir vivant ? Où est la chance quand on est envoyé dans une école où on n’a jamais voulu mettre les pieds ? Où est la chance quand on est qu’un corps vide sans la personne qui vous fait vous sentir humain et vous fait comprendre que vous êtes nécessaire et désirer ? Si vous arrivez à me le dire … »

Je me tus. Bien sur, je n’avais pas mentionné le fait que je m’automutilais ou que j’avais souffert des coups de mes parents encore un signe de chance, hein ? Je ne crois pas mais cela ne le concernait pas. Il devait d’abord me dire ou se trouver la part de chance dans une telle existence. Bien sur, il pouvait me dire, cette personne qui vous fait vous sentir vivant ! Mais elle n’était pas là, j’en avais été séparé alors où se trouvait la chance maintenant ? Bon dieu, qu’il me le dise vu qu’il en parlait. Qu’il me dise où se trouvait cette chance dont il ne cessait de parler. Est-ce qu’il était au moins convaincu par les propres mots qu’il disait ? A mes yeux, il n’en avait pas vraiment l’air …
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MessageSujet: Re: Dans un coin isolé ... [PV Cortez Keenan McClain][TERMINER]   Jeu 3 Juil - 15:40

Comme je l’avais prédit, le jeune homme réagit, et de plus, exactement selon ce que j’avais prévu pour lui faire relever le nez de ses dessins et me porter le petit peu d’attention que je lui demandais. Il réagit même plus que je l’avais imaginé, allant jusqu’à rompre son crayon entre ses doigts sous le coup de l’énervement. Visiblement, il partage la même opinion que bien des élèves de l’établissement comme de quoi leurs parents devaient les haïr pour les envoyer mourir dans un endroit comme celui-ci. Ce qu’ils oublient, bien souvent, c’est que c’est une réelle chance qui leur est donnée d’adapter leur monde à un monde dit plus “normal” en côtoyant à la fois des gens en difficultés et des gens tout à fait à l’aise dans la société. De plus, je ne choisis pas mon personnel n’importe comment - sauf exception de ce maudit Abner pour ce maudit cours de sciences, à croire que le poste est maudit - et m’assure qu’il soit apte à supporter n’importe quel type d’élève. Plusieurs de mes employés ont même une carrière passée dans l’éducation spécialisée, des études glorieuses et déjà de l’expérience sur le terrain, avec les jeunes.

L’adolescent se rebiffe, m’attaque. Réaction prévisible, il me critique, me disant que je crois tout savoir mais que c’est totalement faux. Mais s’est-il lui-même donné la peine de se faire à cet endroit ? J’en doute. Il verrait, alors, que ses parents lui ont fait du bien... Peut-être pas au moment présent, mais son avenir s’en ressentira, de cette décision. Je suis toujours très fier lorsque d’anciens élèves de st-Martyr reviennent me voir plus tard pour me dire merci, à moi et au reste de mon personnel enseignant et non-enseignant.

Premier point que je tire de lui dans son énervement, c’est qu’il a la certitude que ses parents ne voulaient pas de lui comme enfant. Sur cela, je ne peux rien dire, car j’ai effectivement connu des parents d’élèves qui n’en avaient rien à faire de leur progéniture, qui ne l’avaient pas désirée et le leur faisait bien comprendre. Je ne doute pas que ce soit possible dans le cas de Michael. Sa tête n’est pas celle d’un enfant qui a reçu tout l’amour nécessaire de la part de sa famille. Il en a reçu, c’est certain, mais pas la proportion suffisante. Sinon, il ne serait même pas ici en train de dessiner : il serait déjà mort. Sa tête me fait penser à la mienne, quand j’avais son âge et que j’étais persuadé que le monde entier en avait contre moi. Il m’avait fallu me rendre à l’Université et me faire des amis avant de réaliser que c’était faux. Puis je suis revenu ici et j’ai vu que la plupart des anciens employés de mon père tenaient à moi, car ils m’avaient accueilli avec chaleur, heureux de me revoir dans un état meilleur. Ils m’avaient donné le surnom de Phénix, surnom que j’affectionne encore aujourd’hui et que j’entends encore parfois dans les couloirs. Je dois admettre que la remontée que j’ai effectuée, entre le moment de mon départ et celui de mon retour, était assez spectaculaire. Je me demande encore comment ça se fait que je ne me sois pas pendue à une poutre quand j’en avais l’occasion.

L’élève se met à rire, d’un rire sans joie, sonnant extrêmement faux. Je ne pourrais pas me laisser berner même s’il avait eu l’air sincère. Ce n’est pas le genre de contexte où l’on a envie de rire de tout son cœur. Et les paroles qu’il enchaîne par la suite me prouvent encore une fois que je ne me suis pas trompé en analysant ce petit bout de personnalité qu’il laisse entrevoir. Comme je l’avais cru, il a bel et bien reçu de l’affection, mais je ne sais toujours pas de qui. Mais il me met clairement au défi de trouver une réponse possible à sa question.

-La chance ? Elle est partout, Michael. Regardez autour de vous. Vous en connaissez beaucoup des jeunes qui, même sans avoir nécessairement beaucoup de moyens, peuvent profiter d’une aussi bonne éducation que ce qu’a St-Martyr à offrir ? Vous connaissez beaucoup d’écoles où le directeur, plutôt que de punir un élève qui sèche ses cours, s’assied avec lui à la bibliothèque pour discuter ?

Je marque une pause, laisse mon sourire s’estomper tranquillement après cette révélation sur mon identité. En fait, peut-être qu’il avait déjà deviné que j’étais le directeur. N’empêche...

-Mais vous avez raison sur un point, Michael. Je ne suis pas dans vos baskets, et je ne peux pas juger si oui ou non vous croyez posséder de la chance en étant ici. Je ne vous connais pas encore, j’ignore tout de votre vie et cela ne me regarde même pas. Tout ce que je sais, c’est que si vos parents ne s’inquiètent pas pour vous, moi je le ferai, car pour moi, chaque élève de cet établissement est un enfant que je n’ai jamais eu, et je me fais du mouron pour chacun d’eux.

Je ferme les yeux. Les enfants que je n’ai jamais eus ... Cette phrase ne s’applique plus vraiment maintenant que Lance a fait son apparition dans mon décor. Je lui ai promis, lorsque je l’ai rencontré, qu’il serait traité non pas comme un fils mais bien comme un élève. Ce que je ne lui avais pas dit, c’était que je considérais chaque élève comme un être issu de ma chair.

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MessageSujet: Re: Dans un coin isolé ... [PV Cortez Keenan McClain][TERMINER]   Ven 4 Juil - 7:45

Alors cet homme qui essayait de s’immiscer dans mon monde, c’était le directeur de cette prison ? Que de belles paroles ! Tu parles d’une chance, je ne le vois pas comme ça et il ne semble pas vouloir comprendre mon point de vue, qu’est-ce que ça fait, je ne souhaite pas comprendre le sien. Il connaît cet endroit, il l’aime et il a ses raisons, tout comme j’ai mes raisons de ne pas l’aimer, de ne pas vouloir être ici. La chance, elle est partout ! Ce sont des conneries ! Quoi que oui, c’est une chance pour mes parents, il m’expédie dans cet enfer pour une somme d’argent qui est pour eux dérisoire. A la chance pour eux d’avoir trouver des pigeons pour s’occuper d’un cas social à leur place. Rien qu’en le regarde, ce directeur, il me fait de la peine, il croit donc sincèrement que les parents envoient leurs enfants ici pour les aider, tu parles, la plupart d’entre eux doivent sûrement en finir une fois sortir d’ici, si je n’avais pas mon frère, j’en aurai fini avant de venir ici. Mais il est là, il viendra me chercher, je n’ai qu’à attendre qu’il ait fini ses études à l’étranger. Même si c’est long, même si c’est douloureux, je l’attendrai. Mais pour le moment, je veux que ce directeur me laisse tranquille, qu’il arrête d’essayer de me comprendre, je ne veux pas qu’il me comprenne. Il veut me mettre son point de vue dans la tête, c’est comme un lavage de cerveau. Qui sait ce que sont ses réelles intentions ? Je ne lui fait pas confiance, je n’ai pas besoin qu’il s’occupe de moi, je n’ai besoin que de mon frère pas de cet homme qui se cache derrière ce sourire faussement compréhensif.

« - Vous avez raison vous aussi sur une chose, vous ne me connaissez pas et vous n’aurez pas l’occasion de me connaître. Je ne vous aime pas, je vous le dis franchement, je n’aime personne même pas moi-même. Il n’y a qu’une seule personne que j’aime de tout mon cœur et si elle n’existait pas, j’aurai mis fin à ma vie depuis longtemps. Non, si elle n’existait pas, mes parents se seraient débarrasser de moi, il y a bien longtemps. Je ne veux pas de votre pitié. Ah tous les enfants de cet endroit sont vos enfants alors vous en avez assez, un de plus un de moins, pour ma part ce sera un de moins. Je n’ai pas besoin de vous. Je ne vous aime pas mais ce n’est pas de la haine, c’est de l’indifférence. Vous avez beau être le directeur, pour moi vous n’êtes rien. Alors passez votre chemin, comme je passe le mien. »

Ah, il se fait du souci pour chacun d’eux, il a bien du temps à perdre, il devrait plus se faire du souci pour lui-même. Combien pense-t-il qu’il y ait de personne dans cet endroit qui soit franc et honnête ? La face cachée des gens, il connaît ? Il ferait vraiment mieux de s’en faire pour sa propre personne. Les gens n’ont pas besoin de pitié, et la compassion n’est qu’un moyen détourner de parler de pitié. ‘Je compatis’ combien de personne a déjà dit ça ? Ils ne compatissent pas du tout, s’ils n’ont jamais vécu la même chose, ils ne peuvent pas compatir. Ils ne font que se mentir à eux même en se disant ça. Moi, je les ignore, ils sont inexistants à mes yeux. Même s’ils disent ça, je sais qu’ils pensent autrement, les gens honnêtes n’existent pas. Mon frère, tu es comme eux mais tu as au moins le mérite de me regarder comme tu devrais le faire, comme ton frère, comme cet être répugnant qui n’est que ton demi-frère mais malgré ça, tu m’aimes, je le sais, ton sourire est sincère, tes étreintes son réelles et me réconfortes. Je sais très bien qu’à tes yeux, je suis quelqu’un qui n’a pas eu de chance mais malgré ça, même si je ne te le dirai probablement jamais tu es ma chance, tu es cette chose qui fait que je me sens enfin vivant quand tu es prés de moi.

« - Pour avoir atterri dans cet endroit, vous avez du vous aussi avoir votre lot de problèmes mais je ne veux rien savoir de votre vie comme vous ne saurez rien de la mienne. La vie est quelque chose de compliquer, il y a des gens nés sont une bonne étoile et d’autre pas. Je pense que les trois quarts des gens de cet endroit sont nés sous une mauvaise étoile comme moi et vive en la sachant. Est-ce que vous avez conscience de ce que vous faites vivre aux élèves de cette prison ? Vous dites essayer de les comprendre mais ce qu’ils vous disent, est-ce que ça ne rentrerait pas dans une oreille pour sortir par l’autre ? Je pense que vous vous souciez des problèmes de gens pour éviter vos propres problèmes alors je vais vous le dire franchement, avant de vous mêler des vies des autres, occupez-vous de vos propres problèmes. Pour ma part dans ma vie, vous n’êtes pas nécessaire, je n’ai pas besoin de vous, ni de qui ce que soit d’autre même ceux qui se disent être mes parents. Alors oubliez que vous m’avez vu, oubliez même le fait que j’existe, ce sera mieux pour tout le monde. »

J’avais essayé d’être le plus clair possible, je ne voulais pas de lui, je n’en avais pas besoin. Il ne ferait qu’essayer de me mettre quelque chose dans la tête et je ne voulais pas ça. J’étais sain d’esprit même si je m’automutile, j’y vois clair, je sais ce qui est bien et mal, je me fais du mal mais je n’en fais pas aux autres vu que je reste loin d’eux. Je n’ai pas besoin de leur pitié de leur présence. Je ne veux que mon frère et qu’on nous laisse tranquille. Même ce père qui ne sait même pas que j’existe si un jour, il apprenait mon existence, je ne veux pas de lui. Je ne veux que mon frère et une vie tranquille, ici, il n’y a rien de tout ça. Tout ce que les gens font c’est tourné en rond entre quatre murs, en se disant que tout ira mieux pour eux dans le futur, mais ce ne sont que des bêtises, les choses comme ça, ça s’épuise vite. Je suis sur que les jeunes d’ici sont comme moi, qu’ils ont perdu espoir et que la seule façon pour eux d’en retrouver ne serait-ce qu’une petite once, c’est de le créer de leur propre mains. Ce directeur, je ne pense pas qu’il voit les choses comme nous, comme moi, il a le point de vu d’un adulte même si il a été un enfant. J’espère que j’ai été assez directe et clair pour lui, qu’il a compris que je ne voulais pas de lui dans ma vie. Il n’y a pas de place pour lui dans mon univers. Je reprends un crayon, je reprends mon dessin … je l’ignore de nouveau, il n’y a plus que moi, mon univers et mon frère.
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MessageSujet: Re: Dans un coin isolé ... [PV Cortez Keenan McClain][TERMINER]   Sam 12 Juil - 7:42

[Désolée si je termine là, mais si je ne clos pas quelques rps, je vais mourir étouffée XD, et puis ça sonnait un peu la fin, de toutes façons.]

Cet enfant est aussi borné et bouché que beaucoup que j'ai connus. Il me fait un peu penser à Lance. Lui, c'est vrai que sa mère l'a envoyé ici pour s'en débarrasser. Elle m'a appelé le matin même de son arrivée pour me dire qu'elle voulait que je prenne mes responsabilités et que je m'occupe de ce monstre que je lui avais fait. Un bien grand mon ça ! Monstre me semble juste, je corrige. C'est le "que je lui avais fait" qui posait problème. Car si mes souvenirs sont bons – et je sais qu'ils le sont – l'adolescent que j'étais était ficelé à un lit de l'infirmerie quand elle a décidé tout bonnement de venir s'enfourcher sur moi, décidant que le dépucelage d'un jeune homme remplirait bien sa journée. Comme je l'ai haïe à l'époque cette femme. Et Dieu que je la hais encore plus aujourd'hui pour m'avoir remis toutes ses erreurs entre les mains. Je ne voulais pas de ce fils, et j'étais totalement irresponsable de sa venue au monde. Mais si je l'affirmais, je savais que cette garce me collerait un procès pour viol sur le dos et, comme à l'époque j'étais considéré comme étant fou à lier … elle gagnerait forcément sa cause. Je connaissais assez bien le système judiciaire de notre pays pour savoir qu'il était aussi cruel que l'était le système d'internement de mon père, et de mon grand-père.

Je soupire avec bruit. Le discours de ce jeune homme a pour but de me miner le moral, et je le sais bien. Seulement mon moral est déjà miné, et cela je le sais bien. Et quoi qu'il se bornera à affirmer, je sais, moi, pour avoir rencontré des parents, pour en voir d'autres revenir pour visiter leur enfant et s'assurer de son bien-être, que je ne travaille pas dans le vide. Je ne suis pas naïf. Je sais que mon travail sert à quelque chose. Il y aura toujours des parents indignes – comme Lucie – et des enfants qui ne veulent pas être aidés, mais parmi tous mes élèves, la plus grande proportion est ici pour afficher de réels progrès, et c'est pour ces jeunes que je me lève le matin, aussi décidé à changer le monde que devait l'être Mère Theresa de son vivant, quand elle voyageait pour aider les pauvres à trouver une raison de vivre leur vie. C'est exactement ce que je fais, de mon côté, bien qu'à une plus petite échelle. C'est un travail ingrat, qui me rapporte bien peu de remerciements en proportion de tous les efforts que je fournis. Les adolescents comme ce Michael ne voient pas en moi un ami qui veut leur bien, mais comme un adulte, un de plus, qui dit vouloir les aider et qui les laissera tomber un jour. C'est sûr que dans la majorité des cas, je perds le contact avec mes élèves après qu'ils aient terminé leurs études, ou atteints la majorité, mais j'ai encore quelques coups de fil, des fois, de gens qui veulent de mes conseils, qui veulent prendre un café. D'anciens élèves qui ont apprécié le bien que j'ai voulu leur donner et qui le recherchent encore aujourd'hui. Ces élèves, ce sont eux qui me donnent mon courage et ma volonté, car si je n'avais que des cas désespérés devant moi – et je ne crois pas sincèrement qu'il en soit parmi mes élèves – je quitterais définitivement ce métier.

Il me fait clairement savoir qu'il ne veut rien savoir de ma vie. Cela me convient fort bien, car je n'aime pas parler de cette dernière. Je la garde secrètement au fond des tiroirs de ma mémoire. Mon passé est enfermé dans cette chambre de l'aile sécurisée, et n'en sortira jamais. J'ai bien l'intention de laisser mourir cette vie derrière moi. Je ne veux plus être que ce directeur bienveillant. Je ne veux plus avoir à ressasser ces vieilles histoires. Et cela commence par ne la raconter à personne. De toute façon, quand je le fais, on me prend pour fou, on m'enferme. Et quel bien cela ferait-il à un élève de savoir que son directeur a déjà été interné, sanglé sur un lit et piqué par des docteurs tout le long de ses journées pendant plusieurs années de sa vie d'enfant ? Aucun. Cela j'en suis sûr. JE n'ai jamais estimé qu'il était bon de s'étendre sur ce qui est déjà fait. C'est ce que beaucoup de mes élèves ont du mal à saisir. On ne peut pas retourner en arrière pour changer les choses, on ne peut pas effacer le fait qu'on ait été battu, humilié ou quoi que ce soit d'autre. C'est quand on le comprend enfin que l'on peut commencer à avancer sur le chemin du retour à une vie saine et normale, acceptant ces évènements comme faisant partie de nous, comme nous ayant façonnés.

Aussi, quand il me dit d'oublier son existence, un sourire amer se dessine sur mes lèvres. Oublier ne fait pas partie de ma politique, même si cela pourrait faciliter bien des choses dans plusieurs sphères de mon existence. Toutefois, je secoue doucement la tête.

-Je ne peux pas oublier, et vous non plus, vous n'oublierez rien. Vous le savez tout aussi bien que moi.

Même s'il affirmerait le contraire avec ferveur, tout le monde fonctionne de la même manière. On argue pendant un moment sur un point de vue, on le maintient, on ne laisse pas voir à l'autre la moindre petite faille. C'est une fois seuls que nous commençons à regarder plus posément ce que notre interlocuteur a dit, et que cela nous fait réfléchir. Je ne fais pas exception à la règle. Seulement, j'ai appris, avec le temps et plusieurs psychologues et professionnels du cerveau, que cette réflexion, on peut aussi l'avoir sur le champ. C'est ce qui est utile lors des débats les plus prenants : de comprendre et d'analyser immédiatement le comportement et le point de vue de son interlocuteur. Je comprends déjà tout ce qui a voulu me dire, je comprends ses raisons de ne pas vouloir me parler et de vouloir se murer dans son silence, de ne pas désirer se mêler aux autres élèves. Parfois, il vous faut un petit coup de pied pour démarrer. C'est en se faisant lancer dans un environnement nouveau que l'on apprend à y vivre. Ou encore, c'est en attrapant la grippe que l'on apprend à s'en défendre. Je me lève avec lenteur, les mains appuyées sur la table, à plat.

-Vous pouvez terminer ce dessin, et en commencer d'autres si vous voulez. Seulement, à partir de demain, cela se fera dans vos salles de cours. Je veillerai à ce qu'un surveillant s'assure de votre présence à tous vos cours. N'écoutez pas le professeur si cela vous fait envie, moquez-vous de lui. Mais vous faites partie de cette micro société qu'est st-martyr, la vie en a décidé ainsi, et vous êtes mieux de vous y faire si vous ne voulez pas dépérir bêtement.

Je me détourne de la table, fais quelques pas, puis reviens un peu sur mon chemin, pointant du doigt son horaire tout fripé.

-Et je ne veux plus d'automutilation. Si j'en revois la moindre trace, tous les objets susceptibles de vous servir contre vous-même vous seront confisqués et vous serez dûment surveillé, plus encore qu'à compter de demain. J'irai jusqu'à changer vos crayons pour des crayons de cire, s'il le faut.

Je lui fais un dernier sourire. Je ne suis pas sévère. Je sais ce qui est bon pour mes jeunes, et l'automutilation ne fait pas partie de ce qui est bon, pour qui que ce soit.

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MessageSujet: Re: Dans un coin isolé ... [PV Cortez Keenan McClain][TERMINER]   Jeu 17 Juil - 4:35

[OK pas de soucis pour ma part, merci d'avoir fait ce topic avec moi ^^]


Ce qu’il vient de déblatérer m’est rentré par une oreille et ressortit par l’autre sans que je sache ce qu’il voulait dire, j’ai déjà rejoins mon petit univers bien à moi et lui n’en fera jamais partit même s’il s’y impose de par sa position. Personne ne pourra me forcer à l’accepter dans ma vie. Il n’y a de la place que pour une seule personne et cette personne exister déjà pour moi. Nous sommes seulement séparé pour un moment qui me parait une éternité. Mais même si je dis que c’est rentré et ressorti de mes oreilles, ce qu’il dit me semble bien présent pourtant comme si ça résonnait dans ma tête. Je ne pourrais jamais oublier, je le sais très bien mais rien ne serre d’essayer car même si on n’oublie pas si on se fait assez de bons souvenirs, peut-être qu’un jour, les mauvais finiront par s’estomper pour n’être plus que lointain et difficile de rappel. Pour le moment, cela n’est tout simplement pas le cas, il y a eu plus de mauvais souvenir que de bons même si mon frère m’a fait avoir de très bons souvenirs, ils sont encore trop peu pour que cela prenne la majeur partie de ma mémoire. Oublier n’est pas quelque chose de facile, j’en conviens mais c’est la seule chose à laquelle je peux me raccrocher ici. Il dit qu’il ne veut pas oublier, alors qu’il fasse comme il le veut, cela ne me regarde pas, c’est lui seul qui a décidé de me voir et de s’intéresser à une vie qu’il ne le concerne pas du tout. Ce n’est pas comme ça qu’il arrivera à ce que les gens lui fassent confiance, surtout pas en s’émissent de force dans la vie de quelqu’un.

Ça y est, il s’est enfin décidé à partir ! Il va enfin me lâcher et allait voir un autre cas, peut-être lui acceptera-t-il son aide, toute personne est différente après tout. Je me demande pourquoi il ne veut pas comprendre que je n’ai pas besoin de son aide. Je n’en veux pas, j’ai juste à attendre que mon frère finisse ses études et qu’il revienne me chercher après, je pourrais enfin commencer à être heureux comme j’ai toujours voulu l’être. Ce n’est pas lui qui me donnera le bonheur dans le futur alors de quoi se mêle-t-il maintenant ? Oh non, voilà qu’il revient à la charge … ah ce sont des menaces cette fois, il veut m’obliger à aller en cours comme je lui ai dit, cela ne change rien pour moi, je ne ferais que dessiner et ignorer les professeurs. Si mes dessins finissent à la poubelle, j’irai les chercher ou je les referai ! Après tout, c’est un jeu d’enfants pour moi de refaire un dessin à la perfection une fois que je l’ai fait une fois. Micro société, tu parles, mini prison plutôt. Il n’a pas compris mon point de vue ni ce que je voulais, enfin, il a déjà compris que je voulais qu’il s’en aille c’est déjà pas mal, je l’applaudirai presque. A croire qu’il ne m’a pas écouté après tout, ce n’est qu’un adulte parmi tant d’autre c’était à prévoir qu’il n’écouterait rien de ce que je lui dirai. Mais je ne vais pas m’en plaindre c’est ce que je voulais après tout.

J’ouvre les yeux un peu plus, c’est de la stupeur je crois, il viens de me dire quoi là ? Qu’il ne veut plus d’automutilation, qu’il me changerait tout mon matériel et même mes crayons pour empêcher tout cela. Est-il stupide à ce point ? Je me le demande encore. Si je n’ai plus de crayons pour me mutiler, j’utiliserai la cire de ces crayons ! Je dessinerai avec mon propre sang. Faire chauffer de la cire ce n’est pas difficile, je n’ai pas besoin de grand-chose pour m’ouvrir les veines. J’ai des ongles, j’ai des dents. S’il croit pouvoir empêcher les gens de faire ce qu’ils veulent alors il se met le doigt dans l’œil et jusqu’au coude. Mais je dois bien dire qu’il m’a énervé d’abord par sa présence, maintenant par ses menaces. Mon corps bouge tout seul, c’est enfantin et puéril, je le sais mais je n’ai plus envi de lui parler. Je prends la boule de papier et le lui lance en pleine figure qu’il l’évite ou pas ça n’a pas grande importance et ça ne lui fera pas bien mal. Je ponctue la conversation en serrant le point et en levant le doigt du milieu, ne prêtant même attention à ma manche qui tombe pour dévoiler mon poignet mutilé. Pourquoi le cacher, il le sait. Mon attitude est puéril, enfantine, hilarante, il peut se moquer s’il veut mais je m’en fous. C’est tout ce qu’il mérite, pourquoi être sérieux avec quelqu’un comme lui ? Je n’en vois pas l’utilité. Une fois le geste accompli, après être sur qu’il l’ait bien vu de ses propres yeux, cette marque d’irrespect, je desserre le point, remonte ma manche, récupère mon crayon et recommence à dessiner.

J’ai enfin là paix, il est parti, il peut mettre ses menaces à exécution, me faire suivre jusque dans les toilettes qu’il le veut, me faire surveiller quand je mange et quand je dors, cela ne changera rien, je continuerai à dessiner et m’automutilai même si je dois utilisé les autres en derniers recours. Il y a tellement de façon de s’automutiler, croit-il vraiment pouvoir m’en empêcher en s’occupant de tous les élèves et de moi en même temps ? Il se prend pour quoi un super héros ? Ce genre de personne n’existe pas, il n’y a rien de la sorte. Je fais tourner mon crayon entre mes doigts, je vais laisser ce dessin comme ça, il est très bien. Peut-être que je vais aller faire un tour pour voir si je peux peindre un peu, j’ai une idée de tableau, après tout, grand frère dit toujours que pour évacuer le ressentiment et un trop plein de sentiments, il faut trouver un moyen de les extérioriser alors pourquoi ne pas le faire ? D’ordinaire, il m’y aura aidé d’une manière qui m’aurait tellement exténuer que j’en aurai fini par m’endormir, mais il ne l’est pas mal pour le moment, alors je me dois de me débrouiller et la peinture est la seule chose que j’ai trouvé pour cela. Il ne me reste plus qu’à remballer mes affaires et à quitter cet endroit. S’il veut me faire suivre, qu’il le fasse, s’il ne s’est faire que ça, ça ne me gênera pas, même si je n’aime pas que les autres voient mes dessins, s’ils voient mon futur tableau cela n’aura aucune importance, je compte le laisser visible.

Il est enfin parti, je suis tranquille, je respire enfin. Je commence à ranger mes affaires, je me lève et m’étire. Je passais par un endroit d’abord, j’irai après, après tout, j’ai toute la journée pour ça et toute la soirée et ce n’est pas l’inspiration qui me manque surtout pas après cette conversation plus qu’imposait et non voulut.
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Dans un coin isolé ... [PV Cortez Keenan McClain][TERMINER]
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